CritiqueQui vit encore
Neuf Gazaouis racontent leur vie avant et après octobre 2023 : un documentaire dépouillé et bouleversant.
Y Aura-t-il un jour quand les gazaouis pourront retourner dans leur propre terre et avoir une vie d’avant, sans famine et bombardements ?
Qui vit encore est un documentaire qui témoigne la vie de 9 palestiniens avant et après les bombardements aériennes du 9 octobre 2023, et comment leur vie a changé depuis. Dans le film, la bande est divisée de façon abstrait en autant de municipalité que de témoins, afin de représenter pas seulement une partie, mais des gens d’âge, de milieu social et de ville de provenance différents et prouver que leur vie n’est plus la même.
Le réalisateur fait son premier voyage en Palestine vers les années 90 et il a pu voir avec ses propres yeux la dégradation de la bande au fils des années. Il a toujours gardé contact avec des amis et la cause palestinienne il l’a toujours tenue à cœur, mais le déclanchement du film arrive quand il parle pour la première fois à Adel et Jawdat (devenus acteurs du film), fuient au Caire pour trouver un abri comme la plupart de témoins et c’est à ce moment là qu’il sent le besoin de trouver une voix pou ces personnes qui ont perdu leurs propre vies. Ce qui rend ce film authentique est justement le fait qu’il s’agit de gens qui ont réellement vécu les attaques aériens, ont vu des amis, familier et parents mourir et eu la chance de pouvoir échapper aux contrôles et de se soustraire à une vie infernale, faite de famine et rebondissements persistants d’un camp à l’autre.

Le message que ce film veut donner est clair : il n’y aura plus une Gaza d’avant. Le réalisateur choisit expressément de ne pas représenter l’excalve avec des vieux images ou tourner le documentaire dans des villes qui pourraient lui ressembler, car il le sait très bien qu’aucun endroit peut bien la représenter et personne sait quoi va devenir Gaza dans les années futures. Pour cette raison il choisit un setting laconique fait de lumières sombres, un sol noir et un pinceau blanc, pour ne pas donner des points de repère, mais focaliser l’attention sur ce qu’il s’est passé et, capturer les émotions et l’état d’esprit des porte paroles.
Les protagonistes ne se focalisent pas que sur les infrastructures ou les biens matériaux, mais particulièrement sur leur vies faites d’activités, interactions sociales et de personnes qu’ils ne verront plus, soit parce qu’ils sont morts à cause de la guerre ou parce qu’ils n’auront plus la possibilité de renter dans le territoire.
Ce documentaire ne peut pas être critiqué comme un film quelconque car les acteurs ne sont pas des vrais acteurs et le récit est laissé entièrement à ce qu’ ils ont vécu sur leur propre peu. En revanche, le message qui est bien défini depuis le début se répète pendant plusieurs fois, sous des formes différents mais le publique sait déjà la suite de ce qui va se passer, sans ajouter rien de plus, et cela risque de réduire la sensibilisation du sujet, qui en réalité est très bouleversant et encore d’actualité.
J’ai regardé ce film à l’institut du monde arabe à Paris en avant premier et j’ai eu la chance d’assister à la fin de la séance, aux questions posées à Nicolas et Adel, et cela a donné au publique une touche encore plus directe à la cause. C’est une narration unique sous certains aspects, qui vise à la sensibilisation du sujet, mais pour le regarder, il faut s’appareiller de motivation, car le développement du sujet peut être lent, angoissant et souvent répétitif.
Verdict final : 6.5