CritiqueFjord: éducation, mais dans quelle direction ?
La Norvège se dit progressiste, mais dans Fjord, cette tolérance affichée vire vite au jugement d'une famille à la culture différente. Ma critique.
Et si ceux qui se définissent progressistes, devraient revoir les bases de leur éducation et du respect pour une culture différente ?
Un couple romain-norvégien, s’installe avec leurs 5 enfants dans un petit village norvégien. Les plus aînés commencent à participer à la vie locale : l’école, les cours de sport et au fil de l’eau, ils commencent à voir que leur façon d’être élevés n’est pas tout à fait similaire à celle de leurs pairs. Plus nette en revanche, est celle de leur parents, le père, Mr Mihai Gheorghiu, n’arrive pas vraiment à s’intégrer à la façon de fonctionner de ses collègues et pareillement sa femme, Lisbet Gheorghiu, malgré ses origines norvégiennes. Les choses tournent à l’aigre quand quelqu’un du corps enseignant découvre un hématome sur le corps de leur fille aînée, Elia.
C’est à partir de ce moment-là que le film rentre dans le vif du sujet, et on commence à voir déjà comment entre norvégiens, donc personne de la même communauté et éduqués de la même façon, quand ils sont autour de la table du proviseur, ils hésitent s'il faut vraiment faire appel aux services sociaux, pour combattre la maltraitance infantile et des agressions familials, car personne ne connaît vraiment ni le couple et ni la dynamique qui a causé l’hématome.
Dans ce film les éléments qui ressortent et qu'il faut analyser sont : l’éducation et l’ouverture mentale ; les deux ne courent pas sur des axes séparés mais souvent se mêlent. L’éducation est le nerf de la diatribe, car la famille Gheorghiu, en étant non-norvégien, avec une forte éducation religieuse, base leur vision de vie sur l’application de règles chrétiennes telles que : la prière, la lecture de la bible, la messe du dimanche et beaucoup d’interdictions, qui pourraient nous paraître bizarres, si on n’est pas croyant. De l’autre côté, en revanche, la communauté norvégienne, semble utiliser cette excuse de l’ecchymose comme prétexte pour mettre en évidence l’éducation anachronique de la famille, qui s'heurte à une société moderne, où les adolescents utilisent librement internet.
Qui êtes-vous pour dire comment élever mes enfants ? c’est le deuxième élément de l’analyse. La Norvège est connue pour être une des nations les plus avancées et développées sous les aspects économiques et culturels, mais dans ce film j’ai vu une nette fermeture mentale. Peut-être qu’il s’agit d’un fjord, donc un village isolé du reste du monde, d'autant plus que le proviseur de l’école, qui est le voisin des Gheorghiu, critiquait ouvertement avec sa femme la façon de vivre de cette famille et de la même manière, la personne qui avait pris en charge les enfants, blâmait ses parents pour le fait qu’ils ne connaissaient pas Youtube ou le monde internet tout cour,. En revanche, peu de gens se posaient la question, est-ce que les parents aiment vraiment leurs enfants et font ce choix que pour leur bien ?
Ce film, je l’ai regardé à Paris quelques semaines après sa sortie, et en étant issu d’une famille du sud de l’Italie, je peux vous dire que j’ai pris des gifles et des fessées quand j’étais gamin (et je n’étais pas le seul dans ma génération) mais ce n’était pas du tout un abus physique, mais plutôt un dernier recours quand je faisais des choses interdites ou pour comprendre la gravité des choses. Donc, encore une fois, il faut relativiser le contexte et l’éducation de laquelle on provient.
C’est un film qu’au début il faut faire des efforts pour rester concentré, mais une fois passée la demi-heure, ça se regarde bien, avec beaucoup d’émotions et d’interrogations qui se suivent pendant le film, mais surtout à la sortie de la salle.
Verdict final : 7.5